Une chronique à chaud.
A l’accoutumé, je préfère laisser passer quelques jours pour
écrire les articles concernant mes lectures. De fait, cela permet un certain
recul, impératif, selon moi, pour que la critique soit pertinente, face montre
d’une relative, mais souhaitée, objectivité. Pour autant, je vais, dans les
lignes qui vont suivre, déroger à cette sacro-sainte règle que je me suis fixée
(PAS BIEN !).
En effet, je viens à l’instant même de terminer cet ouvrage
qui, je dois l’avouer sans suspens aucun, n’a pas été pour me déplaire. Vous
l’aurez compris, la messe est déjà dite, ce bouquin m’a plu !
Vraiment ! Pourquoi ? Je vais tenter de l’expliquer.
Un genre de livre nouveau, délivré par un éditeur tout récemment arrivé sur la scène.
Sword Art Online est en effet un light novel, genre connu au
Japon qui l’est pourtant bien moins de par nos contrées. La philosophie de ce
type de publication ? En résumé ? Une œuvre de base fixant les contours
d’un univers et faisant, par la suite, l’objet de parutions
« annexes » visant à détailler ce même univers, l’histoire du héros
et tout ce qui pourra donner de la « matière », de la substance, à la
trame initiale. Si les formats peuvent varier, les light novels restent
globalement, selon les dires de nombreux connaisseurs, courts. Ils s’adressent d’ailleurs
généralement à un public de « jeunes adultes ». Pour plus
d’approfondissement et pour les plus curieux, Journal du Geek a produit un papier
particulièrement intéressant sur le sujet et l’arrivée du phénomène en France ici.
Ofelbe, l’éditeur, a d’ailleurs surfé sur l’engouement en
adaptant 2 séries que l’on pourra qualifier, en toute bonne foi, d’assez
« commerciales » : Sword Art Online (SAO) et Spice & Wolf.
Avec SAO, la maison d’édition tape d’ailleurs un grand coup,
ce qui, n’en doutons pas, ne saurait que contribuer à la réussite de la
diffusion du genre dans l’hexagone et ce, pour notre plus grand plaisir. En
effet, Ofelbe nous délivre un ouvrage concernant le premier « arc »
de la saga : Aincrad, regroupant les deux premiers tomes publiés chez les
tokyoïtes que l’ouvrage distingue en 2 « parties ». La chose est particulièrement
intelligente puisqu’en regroupant ces deux tomes au sein d’un seul, l’on se
retrouve avec la trame « globale » du premier univers de SAO, puisque
oui, l’aventure de notre héros « Kirito » se déroulera dans des univers
fictifs pluriels. Expliquons-nous via ce petit résumé délivré en introduction
du livre :
« L’Aincrad, une
forteresse de roches et d’acier composée de cent étages. A l’intérieur, on
trouve plusieurs villes, de nombreux villages et autres bourgs de petite
taille, mais aussi des forêts, des plaines et même des lacs. Chaque étage est
relié aux autres par un seul et unique escalier, mais sa découverte et son
accès sont gênés par l’aspect labyrinthique de l’endroit et par le danger dû
aux monstres qui y rôdent.
Les joueurs doivent se
frayer un chemin à travers les différents niveaux pour parvenir au sommet en
éliminant les puissants « boss » uniquement à la force de leurs épées.
Outre les combattants,
il y a aussi des artisans : forgerons, cordonniers ou tailleurs. Il est
possible également d’apprendre à pêcher ou à cuisiner, et même de s’initier à
la musique.
L’aventure n’est pas
la seule option qui s’offre à eux dans ce vaste monde virtuel ; ils peuvent
littéralement choisir leur mode de vie
L’Aincrad sert d’Arène
à Sword Art Online, le premier VRMMO du genre ».
VRMMORPG pour
Virtual Reality Massive Multi Online Role Playing Game. En français,
pour résumer ? Nous sommes en 2022 et ce que nous propose Sword Art
Online, c’est l’expérience d’une réalité virtuelle, rien de plus que cela. On
ne joue plus à un jeu, on est le jeu. On ne joue plus un personnage, on est un
personnage. En sommes, le stade ultime de l’émulation vidéoludique, de la
simulation de vie. Le rêve de tout passionné de jeu vidéo. Le rêve ?
Si tant est que le jeu se limite à en être un...
De fait, pour
« Kirito », comme pour les 9999 autres joueurs des premières heures
de ce jeu révolutionnaire, le jeu n’en est in fine plus un… Le créateur les
bloque en effet au sein de ce dernier, toute tentative de déconnexion
extérieure, comme de mort au sein du jeu, se soldera par une mort dans la
réalité. Le seul échappatoire ? Gravir les 100 étages de cette forteresse
et venir à bout du dernier boss ! Pas très original me direz-vous…
Scénario assez classique ! Pour autant l’intérêt du livre réside bien dans
cette trame scénaristique pourtant classique.
Une trame scénaristique pour le moins classique pourtant forte de nombreux points positifs.
L’auteur en partant de cette idée simple réussit fondamentalement à
captiver son lectorat. En effet, l’intérêt premier de ce livre c’est qu’il questionne
sur la notion de réalité.
De fait, le paradoxe de cet univers c'est que les
personnages se retrouvent dans une "réalité fictive" (vous me
pardonnerez ce néologisme qui a pourtant tout son sens), les personnages sont
des personnages donc mais questionnent leur humanité plus que ce qu’ils
pourraient le faire dans "leur" réalité. La question existentielle de la vie et
de la mort y est omniprésente, rappelée de manière récurrente, comme un leitmotiv
même pour certains personnages. La chose est tellement vraie que ce monde
fictif en est devenu, in fine, une réalité plus réel que la réalité! Asuna,
seconde héroïne, en témoigne tout au long du livre.
Les personnages s'interrogent même sur la réalité de leur sentiment. L'un des personnages de la seconde partie de l'ouvrage, dont je tairais le nom pour préserver le suspens, l'illustre lui aussi parfaitement.
Les personnages s'interrogent même sur la réalité de leur sentiment. L'un des personnages de la seconde partie de l'ouvrage, dont je tairais le nom pour préserver le suspens, l'illustre lui aussi parfaitement.
Clairement, c’est l’empathie dont j’ai pu témoigner qui m’a
saisi. De bout en bout, j’ai pu m’identifier aux différents personnages, si ce
n’est dans leurs comportements, au moins dans leurs émotions, qui sont
d’ailleurs, à mon sens, particulièrement bien retranscrites.
Une traduction impeccable accompagnée de superbes illustrations.
A ce titre, il est important de souligner la qualité de la
traduction qui, très sincèrement, m’a épaté. Il est parfois malaisé d’adapter
des œuvres étrangères. Les codes littéraires ne sont pas les mêmes, les
cultures n’étant pas toujours transposables mais là, l’affaire a été menée
d’une main de maître et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Les illustrations glissées dans l’ouvrage sont elles aussi
de qualité, elles permettent de donner une « réalité » aux différents
personnages, de se faire une idée de leur physique, de leur esthétique, de
« donner un corps à leur âme »
qui transparaît parfaitement tout au long des 500p.
Une deuxième partie à l’intérêt discutablement discutée.
Si j’étais initialement sceptique quant à la plus-value que
pouvait apporter la deuxième partie de l’ouvrage à l’œuvre principale, la
lecture des différentes « nouvelles » m’a foncièrement plu. Je l’ai
d’ailleurs dévorée en une petite après-midi.
Elle apporte un réel plus à la trame principale, donne du
relief aux différents personnages, Kirito en tête bien-sur mais apporte
également son lot de nouveaux protagonistes et nous permet de cerner davantage
l’environnement dans lequel ces derniers évoluent, le climat propre à
l’univers, son ambiance.
Sans gâcher le suspens, l’ouvrage se termine d’ailleurs, à
mon sens, en véritable apothéose. La dernière « nouvelle » clôture
parfaitement le livre et l’on se prend à regretter de l’avoir lu si vite.
A lire ou non ?
En bref, Ofelbe a un fan de plus qui attend la suite des
aventures de Kirito avec grande impatience. Un ouvrage à mettre entre toutes
les mains donc. Un scénario classique mais qui gagne en profondeur au fil des
pages, qui questionne même. On ne demande, en conclusion, une fois arrivé à son
terme, qu’à en avoir davantage et après tout, n’est-ce pas tout ce qu’on
demande à un livre lorsqu’on le lit ?

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