samedi 16 mai 2015

Sword Art Online 001 – Aincrad – Reki Kawahara

 

Une chronique à chaud.


A l’accoutumé, je préfère laisser passer quelques jours pour écrire les articles concernant mes lectures. De fait, cela permet un certain recul, impératif, selon moi, pour que la critique soit pertinente, face montre d’une relative, mais souhaitée, objectivité. Pour autant, je vais, dans les lignes qui vont suivre, déroger à cette sacro-sainte règle que je me suis fixée (PAS BIEN !).
En effet, je viens à l’instant même de terminer cet ouvrage qui, je dois l’avouer sans suspens aucun, n’a pas été pour me déplaire. Vous l’aurez compris, la messe est déjà dite, ce bouquin m’a plu ! Vraiment ! Pourquoi ? Je vais tenter de l’expliquer.

 

Un genre de livre nouveau, délivré par un éditeur tout récemment arrivé sur la scène.


Sword Art Online est en effet un light novel, genre connu au Japon qui l’est pourtant bien moins de par nos contrées. La philosophie de ce type de publication ? En résumé ? Une œuvre de base fixant les contours d’un univers et faisant, par la suite, l’objet de parutions « annexes » visant à détailler ce même univers, l’histoire du héros et tout ce qui pourra donner de la « matière », de la substance, à la trame initiale. Si les formats peuvent varier, les light novels restent globalement, selon les dires de nombreux connaisseurs,  courts. Ils s’adressent d’ailleurs généralement à un public de « jeunes adultes ». Pour plus d’approfondissement et pour les plus curieux, Journal du Geek a produit un papier particulièrement intéressant sur le sujet et l’arrivée du phénomène en France ici.

Ofelbe, l’éditeur, a d’ailleurs surfé sur l’engouement en adaptant 2 séries que l’on pourra qualifier, en toute bonne foi, d’assez « commerciales » : Sword Art Online (SAO) et Spice & Wolf.
Avec SAO, la maison d’édition tape d’ailleurs un grand coup, ce qui, n’en doutons pas, ne saurait que contribuer à la réussite de la diffusion du genre dans l’hexagone et ce, pour notre plus grand plaisir. En effet, Ofelbe nous délivre un ouvrage concernant le premier « arc » de la saga : Aincrad, regroupant les deux premiers tomes publiés chez les tokyoïtes que l’ouvrage distingue en 2 « parties ». La chose est particulièrement intelligente puisqu’en regroupant ces deux tomes au sein d’un seul, l’on se retrouve avec la trame « globale » du premier univers de SAO, puisque oui, l’aventure de notre héros « Kirito » se déroulera dans des univers fictifs pluriels. Expliquons-nous via ce petit résumé délivré en introduction du livre :

« L’Aincrad, une forteresse de roches et d’acier composée de cent étages. A l’intérieur, on trouve plusieurs villes, de nombreux villages et autres bourgs de petite taille, mais aussi des forêts, des plaines et même des lacs. Chaque étage est relié aux autres par un seul et unique escalier, mais sa découverte et son accès sont gênés par l’aspect labyrinthique de l’endroit et par le danger dû aux monstres qui y rôdent.
Les joueurs doivent se frayer un chemin à travers les différents niveaux pour parvenir au sommet en éliminant les puissants « boss » uniquement à la force de leurs épées.
Outre les combattants, il y a aussi des artisans : forgerons, cordonniers ou tailleurs. Il est possible également d’apprendre à pêcher ou à cuisiner, et même de s’initier à la musique.
L’aventure n’est pas la seule option qui s’offre à eux dans ce vaste monde virtuel ; ils peuvent littéralement choisir leur mode de vie 
L’Aincrad sert d’Arène à Sword Art Online, le premier VRMMO du genre ».

VRMMORPG pour Virtual Reality Massive Multi Online Role Playing Game. En français, pour résumer ? Nous sommes en 2022 et ce que nous propose Sword Art Online, c’est l’expérience d’une réalité virtuelle, rien de plus que cela. On ne joue plus à un jeu, on est le jeu. On ne joue plus un personnage, on est un personnage. En sommes, le stade ultime de l’émulation vidéoludique, de la simulation de vie. Le rêve de tout passionné de jeu vidéo. Le rêve ? Si tant est que le jeu se limite à en être un...

De fait, pour « Kirito », comme pour les 9999 autres joueurs des premières heures de ce jeu révolutionnaire, le jeu n’en est in fine plus un… Le créateur les bloque en effet au sein de ce dernier, toute tentative de déconnexion extérieure, comme de mort au sein du jeu, se soldera par une mort dans la réalité. Le seul échappatoire ? Gravir les 100 étages de cette forteresse et venir à bout du dernier boss ! Pas très original me direz-vous… Scénario assez classique ! Pour autant l’intérêt du livre réside bien dans cette trame scénaristique pourtant classique.

 

Une trame scénaristique pour le moins classique pourtant forte de nombreux points positifs.


L’auteur en partant de cette idée simple réussit fondamentalement à captiver son lectorat. En effet, l’intérêt premier de ce livre c’est qu’il questionne sur la notion de réalité.

De fait, le paradoxe de cet univers c'est que les personnages se retrouvent dans une "réalité fictive" (vous me pardonnerez ce néologisme qui a pourtant tout son sens), les personnages sont des personnages donc mais questionnent leur humanité plus que ce qu’ils pourraient le faire dans "leur" réalité. La question existentielle de la vie et de la mort y est omniprésente, rappelée de manière récurrente, comme un leitmotiv même pour certains personnages. La chose est tellement vraie que ce monde fictif en est devenu, in fine, une réalité plus réel que la réalité! Asuna, seconde héroïne, en témoigne tout au long du livre.

Les personnages s'interrogent même sur la réalité de leur sentiment. L'un des personnages de la seconde partie de l'ouvrage, dont je tairais le nom pour préserver le suspens, l'illustre lui aussi parfaitement.

Clairement, c’est l’empathie dont j’ai pu témoigner qui m’a saisi. De bout en bout, j’ai pu m’identifier aux différents personnages, si ce n’est dans leurs comportements, au moins dans leurs émotions, qui sont d’ailleurs, à mon sens, particulièrement bien retranscrites.

 

Une traduction impeccable accompagnée de superbes illustrations.


A ce titre, il est important de souligner la qualité de la traduction qui, très sincèrement, m’a épaté. Il est parfois malaisé d’adapter des œuvres étrangères. Les codes littéraires ne sont pas les mêmes, les cultures n’étant pas toujours transposables mais là, l’affaire a été menée d’une main de maître et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Les illustrations glissées dans l’ouvrage sont elles aussi de qualité, elles permettent de donner une « réalité » aux différents personnages, de se faire une idée de leur physique, de leur esthétique, de « donner un corps à leur âme »  qui transparaît parfaitement tout au long des 500p.

 

Une deuxième partie à l’intérêt discutablement discutée.


Si j’étais initialement sceptique quant à la plus-value que pouvait apporter la deuxième partie de l’ouvrage à l’œuvre principale, la lecture des différentes « nouvelles » m’a foncièrement plu. Je l’ai d’ailleurs dévorée en une petite après-midi. 

Elle apporte un réel plus à la trame principale, donne du relief aux différents personnages, Kirito en tête bien-sur mais apporte également son lot de nouveaux protagonistes et nous permet de cerner davantage l’environnement dans lequel ces derniers évoluent, le climat propre à l’univers, son ambiance.

Sans gâcher le suspens, l’ouvrage se termine d’ailleurs, à mon sens, en véritable apothéose. La dernière « nouvelle » clôture parfaitement le livre et l’on se prend à regretter de l’avoir lu si vite.

 

A lire ou non ?


En bref, Ofelbe a un fan de plus qui attend la suite des aventures de Kirito avec grande impatience. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains donc. Un scénario classique mais qui gagne en profondeur au fil des pages, qui questionne même. On ne demande, en conclusion, une fois arrivé à son terme, qu’à en avoir davantage et après tout, n’est-ce pas tout ce qu’on demande à un livre lorsqu’on le lit ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire